Quel avenir pour les ostéopathes ? Le point de vue d'une passionnée

Alors que s’est ouverte en octobre la Maison de l’Ostéopathie, un projet initié par l’une des deux associations qui regroupe une partie des praticiens de la discipline en France, la seconde étant le Registre des Ostéopathes de France, le ROF, on a demandé son avis à une jeune professionnelle, Hortense Jacquinet, installée depuis six années à Annecy, au Medic Center.

Le témoignage d’Hortense Jacquinet

« Il m’arrive d’échanger avec des confrères. En réalité, personne n’a réellement une même vision précise sur l’avenir du métier mais beaucoup partagent un constat : nous sommes nombreux en France, presque partout sur le territoire, ce qui a indéniablement une incidence sur la possibilité de gagner sa vie correctement.

Nos approches sont différentes, tout comme la perception qu’ont les autres professionnels de santé de notre utilité. Avec certains, la collaboration est simple et régulière, ils perçoivent le souhait commun de vouloir accompagner les patients dans leurs symptômes. Pour d’autres, notre pratique est « mystique » car manquant de recherche scientifique à grand échelle et c’est là où réside l’intérêt d’unifier nos points de vue pour faire valoir notre pratique. »

« L’écoute des patients, une de mes priorités »

« J’essaye de consacrer du temps à mes patients, à bien comprendre le contexte qui les amène et dans lequel ils évoluent. Pour moi, le temps et l’écoute sont des valeurs primordiales du soin et les patients sont en demande de ces dernières.

J’ai la chance, à Annecy, d’avoir une patientèle diverse, composée de sportifs de haut niveau, de familles et de professionnels ayant des vies professionnelles bien remplies. Les frontaliers par exemple, qui ont des temps de trajet importants et pour lesquels le souhait de consulter est souvent bien présent mais dont les contraintes horaires peuvent ne pas concorder avec des horaires de cabinet restreints. Il faut savoir se rendre disponible en soirée : un atout au cabinet dont les patients sont largement reconnaissants. »

Comment voyez-vous l’avenir de votre métier ?

« Notre profession a bel et bien évolué depuis le début des années 2000 et je remercie les primo-diplômés de s’être battus pour faire reconnaitre notre titre professionnel.

A l’heure des réseaux sociaux et de l’IA, où la source des informations que nous consommons est devenue parfois douteuse, la médecine et les autorités de santé redoublent d’effort pour véhiculer aux gens des informations sures et basées sur des études scientifiques solides.

Si nous voulons, nous, ostéopathes faire valoir notre pratique, il est urgent de continuer à nous instruire et persister à asseoir au mieux notre pratique sur des références scientifiques solides.

J’ai d’ailleurs réalisé mes études au CEESO Paris, dont le corps enseignant est très actif au sein de la recherche scientifique sur la douleur ou dans le domaine pédiatrique. »

Hortense Jacquinet Ostéopathe – © 2019